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MONDE/HISTOIRE - SEBASTOPOL : De l’origine de ce nom aux racines authentiquement négro-africaines

Partial view of the city of Sevastopol.

Sébastopol pour signifier la « Ville du Tsar », c’est-à-dire la ville de Crimée annexée par la Russie actuellement, doit ses origines à l’Afrique la plus ancienne. Ils ne sont certainement pas légion les Africains qui le savent. Pourtant…Et pourtant, Sébastopol tire sa racine de « Seba » qui appartient au substrat de la famille des langues dites Langues nigéro-congolaises. Mais il s’agit d’un concept né dans la Vallée du Nil au temps des premiers « Rois agraires » ou « Chefs agraires » et qui est l’apanage exclusif des Langues égypto-nubiennes. Explication.

« SEBA : Seba ou Python de Seba est le Serpent que les Egyptiens anciens appelaient Âapep et les Grecs anciens Apophis. Cette divinité est réputée pour être l’incarnation du Mal qu’il faut vaincre à tout prix en déjouant ses pièges pour réaliser le Bien. Appelé Géant ou Serpent Géant, il s’agit du plus grand ennemi des Egyptiens anciens. Et pour cause, il est tenu pour responsable des Ténèbres et du Chaos par son opposition à Dieu à travers ses créatures. C’est l’ennemi juré du Dieu Soleil. Il est la personnification même du mal absolu et le symbole du Chaos originel. Aussi, dans le Chapitre 7 du Livre des Morts, une formule existe-t-elle pour « éviter le dos abominable d’Apophis ». Pour réussir à vaincre Apophis, il faudrait et maintenir l’ordre cosmique, il faudrait avoir plus que des connaissances.

Apparaissant toujours menaçant la création divine ou les individus dans leur vie quotidienne, la divinité maléfique Apophis est souvent évitée mais jamais vaincue. Puisqu’elle revient toujours à la charge par opposition à Ra ou et tout ce qui existe de par sa création. C’est en effet sa raison d’être : un éternel péril en la demeure.

En Nateni, Sohouma ou Solama que l’on peut traduire par « Malice », « Ruse », « Intelligence », « Science », « Habileté », « Savoir », « Feinte », etc., est ce genre de vocable-concept à l’instar de la Maât et dont il est difficile de circonscrire en quelques synonymes seulement à la fois la complexité et le domaine d’application. Sohouma ou Solama que l’on peut bien écrire tout simplement Souma a donné naissance à plusieurs autres épithètes comme : Souhéha ou Souéha qui veut dire Enseigner ou Entraîner ou encore Former ou Initier. Tout ce qui dérive des préceptes divins peut donc être associé à ce concept. A commencer par le nom primitif pour désigner le Divin ou le Sacré, le Représentant de Dieu (Sou) sur Terre lui-même et tout ce qui maintient l’équilibre et l’harmonie.

Il est difficile de ne pas y voir à travers de ce concept, le mot qui allait devenir plus tard pour les Egyptiens anciens Seba ou Sebo dont parle le Professeur Théophile Obenga au sujet du probable mot qui a donné Sophia chez les Grecs anciens. Pour atteindre cet état de Sohouma ou Solama, il faudrait forcément un certain nombre de connaissances que l’on ne pouvait acquérir que dans les Per Ânkh ou Maisons de Vie ou Maisons de Sagesse. On ne saurait point être avisé ou encore moins sage si l’on ne détient pas un minimum de connaissances sur la vie dans la société à laquelle l’on appartient et le monde tel qu’il marche.

Symbole du dieu des étoiles et des constellations Seba est associé à la Douât et tout ce qui s’y rattache. Seba (Souéba) ou Sebo (Souébo) est un nom tribal et féminin chez les Natemba qui est le strict apanage Descendants de la Tribu de Scorpion. L’équivalent masculin est Souéla (Souédoua) ou Souélo (Souédouo). Et c’est le plus ancien titre royal connu dans la Vallée du Nil. Toutes les sources concordent et tendent à confirmer que Sébastos ou Sebaste et ses dérivés Sebastokratōr ou Sebastokrator, Sébastée et Sébastopolis  qui va donner plus tard le nom Sébastien dérivent de cette grécisation d’un ancien nom royal de la Nubie antique via l’Egypte antique. Car Sébastien vient du mot grec Sebastos qui veut dire Vénéré. Ce nom émanant du Latin Sebastianus emprunté au Grec ancien σεβαστός ou Sebastós qui signifie Vénéré pour traduire le titre de l’Empereur romain qui était alors appelé Auguste par l’Empire romain byzantin est celui qui a donné naissance à Sébastopol, la ville de Crimée annexée par la Russie, pour signifier la Ville du Tsar.

Jean Yoyotte et Pascal Vernus écrivent dans Dictionnaire des pharaons, Tempus-Perrin, 2004: « En -27, le Sénat et le peuple romain sacralisent les pleins pouvoirs de l’imperator, autocrate militaire, en lui conférant la sainte dignité d’augustus. La titulature latine de l’empereur Auguste est traduite en grec, qui demeure, comme on sait, la langue administrative des provinces orientales et, dans les actes démotiques comme dans les cartouches hiéroglyphiques, ce pharaon est en conséquence appelé « Utocrator Caesar Sébastos ». La série des empereurs qui, à partir de Tibère, assument la qualité de césar et le rôle de pharaon conservera ce protocole fondamental sur les murs des temples, comme on peut le lire à Dendara, Esna, Kôm Ombo, Philae et autres lieux. Cf Cléopâtre, Romains ».

De même que Tsar est issu du nom romain César, c’est ainsi que Sebastopol est issu du nom égypto-nubien Seba.

Si Seba a été emprunté à l’Egyptien ancien, il est tout à fait logique de penser que le mot Sophia pourrait tout aussi découler d’une contraction de Sohou-Nounfa ou Sohoufa pour désigner Celui d’où dérive la « Malice », la « Ruse », l’« Intelligence », la « Science », l’« Habileté », le « Savoir », la « Feinte », etc.

L’Hirondelle est ainsi appelée Sebadyèkata ou Seba-Douyè-Kata pour signifier littéralement L’Oiseau qui tournoie dans le Pays des étoiles.

Le nom Sebennytos découle aussi de cette racine de Seba. Il est plus connu par Tjebnouti ou Tjebnoutjer (Tb-Nṯrt) en Egyptien ancien. Il s’agit de l’équivalent actuel de Tayakou, la capitale politique et religieuse des Natemba *1».

Aujourd’hui encore, au Nord-Ouest du Bénin, tout homme désigné par la Tribu des Descendants de Scorpion (Nanfa Kwèba) pour en être le Chef doit abandonner son nom propre pour porter jusqu’à sa mort ce nom ancestral ancien qui le couronne. Aucun autre Chef des autres tribus ne saurait en aucune manière le porter. Car il rappelle malgré les millénaires écoulés la fonction première dédiée à la lignée ancestrale, c’est-à-dire celle de Prêtre-Sacrificateur.

Le Souélo, Souéba, Souébo des Natemba est le même que le Séro actuel des Batombou qui n’est qu’une altération du vocable mais qui a perdu de son sens premier du fait du très grand métissage des Wasangari ou Ouasangari d’avec bien d’autres peuples qu’ils ont conquis ou assimilés en s’installant dans le Borgou (Bénin-Nigeria). Au point d’oublier ses racines. Car, à l’origine, il désigne le « Chef de Tribu » ou « Roi agraire » ou « Roi-Prêtre » dans les premiers temps des Peuples de la Vallée du Nil.

Dictionnaire des concepts de l'Egypte Antique
Couverture du Dictionnaire des concepts de l'Egypte Antique

On peut lire sur le site du gouvernement du Bénin : « Nikki est une cité royale et un exemple de structuration communautaire depuis le 16 ème siècle. Au départ, les Baatombu y étaient installés en peuple hiérarchisé ayant à sa tête un roi. La capitale de Nikki c’était Ouénou et à juste titre le roi portait le nom de Ouénou-Sounon. Vers les années 1500, avec l’arrivée des Wassangari (...alors conduits par leur chef Mansa Doro), la communauté va se réorganiser davantage avec la naissance des chefferies par activité. Séro, le palefrenier de Mansa Doro en devient le chef et y fonde une famille ». L’histoire du Royaume de Nikki qui voudrait que Séro fût  le palefrenier d’un certain Mansa Doro avant de devenir le fondateur de Nikki mérite bel et bien une relecture à l’aune des nouvelles recherches et connaissances du passé de la migration dite Migration Kissira. En en faisant la part entre la légende et sinon la vérité, du moins les éléments historiques les plus plausibles. Aujourd’hui, il est au moins certain que le fameux Kissira, l’ancêtre mythique des migrants Wasangari ou Ouasangari, ne venait nullement de Perse ou d’Arabie mais plutôt de la Nubie (Soudan-Egypte actuellement). Beaucoup d’éléments historiques en témoignent de manière éloquente. Et le reste n’est que pure légende.

Par Marcus Boni TEIGA 

*1 - Extraits de DICTIONNAIRE DES CONCEPTS DE L’EGYPTE ANTIQUE Les preuves indélébiles de A à Z que les Egyptiens anciens étaient des Noirs d’Afrique paru aux Editions Complicités, Paris, 26 Avril 2022

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